597 - Sens dessus dessous


Les gens savants lui donnent le nom de “topos”

C’est un tour rhétorique aimé des vieux grimoires

On le croyait un peu trop usé jusqu’à l’os

Pour servir autrement que dans la vieille histoire…


C’est un monde où les poules avaient bien des dents,

Où les brebis chassaient comme en meute les loups,

Où coulaient vers leur source fleuves et torrents,

Où la terre était plate, et les hommes dessous…


Ce monde qu’on croyait à jamais disparu 

Et qui n’était peut-être qu’une autre Atlantide,

Voilà qu’il nous revient chaque jour un peu plus : 

Le “RN” autrefois traité comme perfide,


Est aujourd'hui reçu en ami d’Israël !

Bardella, il est vrai, efface Jean-Marie…

Et le Hamas en France est pris pour un rebelle

Par les anciens gauchos devenus LFI


Comme autrefois Mao, le livre vert brandi !


30 - Pour la façade

Aux Ambassades préférant les embrassades,

Macron le Président se fait enveloppant,

Et affiche toujours un sourire de façade

En recevant ses hôtes, qu’il va étreignant…


Ce n’est pas, semble-t-il conforme à l’étiquette,

Et quand il se déguise en blondinet factice

De Coluche il ne peut prendre la salopette

Il n’est pas rigolo, mais montre bien son vice,


Qui consiste partout à se mettre en premier,

Convoquer généraux et autres galonnés

Les passer en revue  pour mieux les embrasser

C’est la honte pour nous ce Président troupier.


On comprend tout à fait qu’il aime Zelensky

Ils ont tous deux joué les amuseurs publics.

Poutine, lui, plutôt, quand il se brûle, rit.

Et Trump à la casquette joue des statistiques…


Les armées de Macron sont celles d’un bouffon;

Elles marquent le pas sans jamais avancer,

Tout comme à l’Opéra les célèbres “Marchons !”,

C’est pour lui l’occasion de se faire mousser,


Au théâtre il finit, comme il a commencé !

29 - Guerre ou Paix ?

C’est un ours mal léché, ce nouveau Président,

Mais son verbe tranchant a bien des qualités : 

Au comique troupier en Ukraine régnant

Il a dit tout de go ses quatre vérités.


Et tous les journaleux qui jouent les offusqués

Devraient mieux s’informer, et savoir que Poutine

S’il a, c’est vrai, l’Ukraine envahi le premier

C’est qu’on l’avait longtemps roulé dans la farine…


Cette guerre, c’est celle des américains :

Ils l’ont prévu de loin, se servant de l’Ukraine

Pour encercler les Russes… il est donc bien certain

Que c’est eux seuls qui peuvent en briser les chaînes.


Macron le va-t-en guerre joue les Matamore

En espérant par là redorer son blason;

Peut lui chaut qu’il y ait quelques millions de morts,

Il se voit général de nouveaux bataillons,


Et se prend, dit Poutine, “pour Napoléon” ! 


samedi 8 mars 2025

28 - À Canossa

Macron à Washington, c’est comme à Canossa.

Il a donné la patte au Buffle, et pris la pose,

Mais ce n’est que pour faire plaisir aux médias, 

Les rides de son front disaient bien autre chose…


Loin de lui les Trumpettes de la renommée !

En son pays déjà il n’est pas un prophète,

Et son peuple lassé du premier de cordée

Aimerait bien plutôt le voir aux oubliettes…


L’Europe, ce cartel de la drogue de gauche

Tenue par des truands gérant un wokistan

Ne lui réserve qu’un avenir de bamboche,

Lui qui se la joue jeune à quarante sept ans.


L’Ukraine est le tendon d’Achille de celui

Qui se voyait déjà en généralissime

À l’assaut des contrées neigeuses de Russie

Avec un quarteron de trouffions rarissimes,


Et découvre que tout se fait fort bien sans lui !


26 février 2025

27 - "Grand Remplacement"

Mélenchon maintenant fait son Renaud Camus
Et proclame partout le “Grand Remplacement”.
Ce qui serait pour nous comme un coup de massue
Plaît à ce beau parleur qui se voit triomphant.

Il a choisi le nom de “La France Insoumise”
Mais il se soumettrait peut-être à la Chariah.
Se servant de ce peuple qu’au fond il méprise :
Pour être Président, il a besoin d’Allah.


D’un tribun populaire, courante, la dérive : 
On en a connu d’autres, qui pour parvenir
Ont su, sans hésiter, sauter sur l’autre rive,
En prétendant pourtant oeuvrer pour l’avenir,

Et faisant allégeance aux maîtres à venir…

9 février 2025

26 - LIVRES

Cette foule qui peuple tous mes rayonnages

A toutes les couleurs et de partout provient.

Certains d’entre eux font voir les marques du grand âge,

Et portent la jaquette comme les Anciens ;  


D’autres montrent écrits sur la page de garde

La date de l’achat, parfois même l’endroit

Et beaucoup ont connu la foire campagnarde

Entre deux chandeliers et des statues de  bois.


Ce sont des immigrés, la plupart sont venus

De contrées fort lointaines, mais parlent français

Mieux que tous ces Français qui ne les ont pas lus,

La langue de l’esprit tout lecteur la connaît.


Tant d’histoires diverses, de péripéties

Tant de pays, d’Empires, de guerres livrées,

Tant de contes de Fées, de violences subies,

Tant de philosophie, en des mondes rêvés,


Tous font un même peuple de même pensée.


28 janvier 2025

25 - In memoriam Auschwitz


[Extrait du Tome 1 de mes "Mémoires". 1945. J'avais 8 ans à peine.]



Mon père m’emmenait parfois sur sa moto,

Quand il allait faire le tour de ses travaux, 

Sur les petites routes de tout son secteur, 

C’était alors pour moi un immense bonheur ! 

J’étais sur le “tan-sad” et je me cramponnais 

Dans les virages quand la moto s’inclinait, 

Mais on n’allait pas vite, la “Motobécane” 

Était déjà ancienne, et sujette à des pannes… 

…………………………………………………………


Mais en quarante-cinq, un soir mon père dit : 

« Je t’emmène à la gare, prépare-toi, Guy ! » 

Il sortit la moto, et je grimpais dessus ; 

«  Tiens-toi bien ! dit ma mère, et mets ton pardessus, 

Car si vous rentrez tard, il pourrait faire froid ! » 

Étonné je me suis bien demandé pourquoi, 

Elle disait cela comme si c’était loin, 

Car la Gare de Reims, je la connaissais bien 

On y passait toujours quand on allait là-bas… 

Mais nous voilà partis. Mon père s’arrêta 

Pas très loin de la porte d’où sortaient des gens, 

Aux petites valises, qui ouvraient tout grands 

Leurs bras à d’autres qui, longtemps, les étreignaient, 

En pleurant semblait-il, et criaient, s’appelaient…  

Des autos, ou même des charrettes, les attendaient, 

Parfois des groupes avec drapeaux les escortaient, 

Et je me demandais pourquoi nous restions là… 

Mais mon père me dit : «  Surtout ne bouge pas ! 

Je reviens tout de suite, et toi, tu m’attends là. » 

Je le vis s’avancer vers un homme esseulé, 

Attendant, bras ballants, comme désemparé, 

Semblant comme perdu, et l’air un peu hagard, 

Maigre, flottant dans un costume un peu bizarre 

De bleu et blanc rayé, comme un grand pyjama… 

Et dans l’”Union”, j’en avais vu, déjà ! 

Mon père va vers lui et lui dit quelques mots, 

Puis avec un grand geste, montre la moto. 

L’homme semble hésiter et tend le doigt vers moi ; 

Mon père doucement lui prend alors le bras 

Et l’ayant amené, me dit : «  Tu montes là ! » 

Je grimpe sur le réservoir, le moteur chaud 

Me brûle un peu les jambes, mais je ne dis mot. 

L’homme péniblement s’installe à l’arrière, 

Et mon père démarre, et c’est pour moi mystère 

De savoir où l’on va  ? Il me dit : «  À Courmas. » 

Je connaissais l’endroit, nous y allions parfois, 

Même avec la remorque et avec les vélos, 

Ce n’est pas loin, mais il ne fait vraiment pas chaud, 

Et la nuit qui commence à tomber, les nuages 

Tout cela fait que la route me semble étrange… 

Personne ne dit mot, le bruit de la moto 

Seul retentit comme si allant au galop 

Des fantômes filaient dans le flou de la nuit, 

Mais soudain on s’arrête, l’homme a dit : «  Ici. » 

Une maison petite, dans la rue déserte, 

L’homme qui remercie, descend et fait un geste : 

Mon père dit  : «  Non, non…  » et nous voilà partis.


Nous ne saurons jamais ce qu’il trouva chez lui, 

Quel accueil fut le sien, ce qu’il est devenu, 

Mais nous étions bien fiers de l’avoir secouru.


27 janvier 2025